Mis en ligne le dimanche 23 novembre 2008.
Rapport de M. David Assouline, fait au nom de la commission des affaires culturelles du Sénat :
Le rapport estime qu’il est
inutile de se lamenter sur « l’invasion
des nouveaux médias » mais qu’il
faut, bien au contraire, réfléchir dès
maintenant aux meilleurs moyens
d’encourager les pratiques numériques
des jeunes en faisant en sorte
qu’elles leur soient le plus profitable
possible.
Plan du Rapport d’information
"Les nouveaux médias :
des jeunes libérés ou abandonnés ? " :
http://www.senat.fr/rap/r08-046/r08-046_mono.html
Le rapport est divisé en 5 parties :
I. UNE JEUNESSE AU CoeUR DE LA RÉVOLUTION NUMÉRIQUE
La France est ainsi championne du monde du nombre de blogs par internaute : http://www.senat.fr/rap/r08-046/r08-0464.html
(...)
II. LES NOUVEAUX MÉDIAS : UNE CHANCE POUR LA JEUNESSE
Les nouveaux médias : un outil qui développe de nouvelles compétences :
http://www.senat.fr/rap/r08-046/r08-0466.html
(...)
III. LES NOUVEAUX MÉDIAS, UNE MENACE POUR LA JEUNESSE ?
La divulgation des informations personnelles
(...)
IV. UN EFFORT UTILE DE MAÎTRISE DES NOUVEAUX MÉDIAS
La protection des mineurs dans les médias traditionnels : un régime juridique complet mais archaïque
(...)
V. L’IMPÉRATIF ÉDUCATIF
L’école, nécessaire média des médias
(...)
Le rapport préconise par ailleurs une quinzaine de propositions, dont
la création d’une autorité de protection de l’enfance dans les médias,
la délivrance d’un label de qualité aux logiciels de contrôle parental,
la mise en place d’un module de dix heures annuelles d’éducation aux médias en quatrième et en seconde,
le renforcement du rôle des professeurs documentalistes ainsi que le renforcement de la coopération internationale sur la constitution des listes noires de sites interdits.
préconisations du rapporteur
A noter, parmi les personnes auditionnées :
Audition de M. Jean-Claude RICHEZ, responsable de l’unité recherche, études et formation de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) (7 mai 2008)
« M. Jean-Claude Richez a tout d’abord noté que l’appropriation de l’outil Internet se fait à 58 % dans les familles, le plus souvent de façon individuelle, l’école ne pesant que pour 10 %. Il a remarqué que cet état de fait était la manifestation de la faible interaction entre le monde des jeunes et l’école, alors que les jeunes ont une attente en matière d’accompagnement éducatif aux médias. Cette absence renforce les logiques d’éducation par les pairs, déjà très fortes dans le domaine des médias. Les technologies de l’information bouleversent les modes de socialisation et de transmission, et constitue le lieu privilégié de l’éducation informelle.
Il regrette par conséquent que rien ne soit prévu dans les équipements de proximité pour les 11-15 ans pour mettre à disposition Internet avec l’accompagnement d’adultes ne relevant ni de l’école, ni de la sphère familiale. Il a estimé que l’impératif était de partir des pratiques et de l’expérience des jeunes et qu’il serait utile que l’État reconnaisse davantage la qualification de personnes ressources, tels que les éducateurs et animateurs professionnels de jeunesse. Il a noté que l’éducation non formelle était mieux valorisée dans d’autres pays et qu’elle permettait de transmettre des valeurs et des connaissances dans des domaines où l’école intervient peu.
Il a néanmoins rappelé la nécessité que l’école s’intéresse aux nouveaux médias et estimé que chacun des professeurs, dans sa discipline, devait tenter de les intégrer dans ses pratiques éducatives. Il a regretté que les nouvelles technologies soient simplement utilisées comme instrument de la pédagogie traditionnelle, et que leur nouveauté et leur spécificité soient insuffisamment prises en compte. Par exemple, en termes d’utilisation des blogs, la France est en retard. Ce qui est valorisé dans les blogs, c’est la mise en scène de soi. On pourrait très bien intégrer dans l’évaluation des jeunes la maîtrise de l’outil.
Il a en outre déploré que les politiques d’« information jeunesse » soient aujourd’hui davantage dans des logiques de diffusion sans que l’on pose au préalable la question de l’appropriation par les jeunes de l’information et de ses modalités dans lesquelles internet joue un rôle prépondérant et pose comme question centrale celle de l’accompagnement comme l’ont montré un certain nombre de recherches menées récemment par l’INJEP [1]
Sur la question de l’éducation informelle, M. Jean-Claude Richez a ajouté qu’il fallait investir beaucoup plus les lieux publics et les équipements de proximité (centres sociaux, maisons des jeunes et de la culture, maisons de quartiers, maisons pour tous, espaces jeunes, ...). Les pays, comme la Finlande, où l’on fait une plus grande place à l’éducation non formelle ont des résultats supérieurs à la France en matière de compréhension des nouveaux médias.
»
Ressources jeunesse