Mis en ligne le samedi 23 février 2008.
Au printemps 2007, dans le cadre des enquêtes « Génération », le
Céreq a interrogé, un échantillon de 65 000 jeunes de tous niveaux
de formation parmi les quelque 700 000 sortis du système éducatif
en 2004. Les résultats de cette toute dernière enquête sont comparés
aux données des précédentes et apportent ainsi un éclairage sur
l’évolution, au fil des générations, des premiers pas dans la vie active
des jeunes.
Leurs études terminées, les jeunes ont souvent bénéficié de réseaux et de liens préexistants pour trouver leur premier employeur. Trois sur dix
avaient en effet déjà travaillé chez ce dernier avant la fin de leurs études, en tant que stagiaires pour plus de la moitié. Cela confirme le fait que stages
et travail en cours d’études constituent des atouts
pour l’insertion.
Toutefois l’accès à cette première
expérience professionnelle passe souvent par des
relations personnelles. Dans la moitié des cas, les
jeunes connaissaient quelqu’un dans l’entreprise. Le rôle des réseaux sociaux est donc important
avant même la fin de formation initiale, et le reste
par la suite.
Lorsqu’ils n’avaient pas déjà travaillé
dans l’entreprise où ils ont trouvé leur premier emploi,
39 % des jeunes y connaissaient néanmoins
une ou plusieurs personnes. Dans les trois quart de ces cas, il
ne s’agissait pas de relations professionnelles mais des amis ou de la famille...

Autres enseignements de l’enquête :
Des difficultés accrues pour une partie des jeunes issus de l’immigration depuis
2001
L’insertion des jeunes issus de l’immigration reste très contrastée selon leur
origine. Ceux dont les deux parents sont natifs d’Europe du Sud connaissent
des conditions d’insertion légèrement plus favorables que celles des jeunes dont
les deux parents sont nés en France.
En revanche, ceux issus de l’immigration
maghrébine, turque ou subsaharienne restent largement pénalisés dans l’accès à
l’emploi du fait de leur faible niveau de formation, mais aussi de discriminations
sur le marché du travail.
La détérioration de la conjoncture depuis 2001 s’est
traduite pour eux par une très forte hausse du chômage entre la Génération
1998 et la Génération 2004. Pour autant, lorsqu’ils ont un emploi, à niveau de
diplôme équivalent, ces jeunes issus de l’immigration ont des salaires voisins des
jeunes dont les parents sont nés en France.
L’absence de diplôme reste une lourde pénalité :
Sur le marché du travail, les avantages liés au niveau de diplôme demeurent. Les
jeunes sans diplôme pâtissent non seulement du taux de chômage le plus élevé
( 32 % à trois ans de vie active ) mais aussi de temps partiels subis ( 13% des
emplois ) et de statuts souvent précaires ( 51 % d’emplois à durée déterminée ).
Les Cap-Bep protègent moins contre le chômage :
L’enquête révèle un accroissement des difficultés d’insertion pour les titulaires
d’un CAP-BEP dont le chômage à trois ans a même progressé entre les générations
2001 et 2004 pour atteindre 17 %.
Sont concernés au premier chef les titulaires d’un CAP ou BEP tertiaire, dont le taux de chômage a progressé de 4 points, pour atteindre 22 % au sein de la Génération 2004. Les titulaires d’un CAP ou
BEP industriel, dont l’insertion s’était dégradée entre
les Générations 1998 et 2001, voient leur taux
de chômage légèrement diminuer avec la Génération
2004.
Après trois ans de vie active, il est de 15 %, mais ce chiffre masque de fortes disparités entre les jeunes ayant choisi de passer leur diplôme
par apprentissage et ceux ayant opté pour la voie
scolaire dont le taux de chômage est de 20 %.
Les études les plus longues ne trouvent pas toujours un débouché immédiat
A l’issue de l’enseignement supérieur, les études les plus longues ne sont pas
toujours un gage d’accès rapide à l’emploi, même si elles procurent à terme
des salaires en moyenne plus élevés.
Alors que les « bac +2 » continuent à être
relativement épargnés par le chômage long, une partie des docteurs connaissent,
depuis la génération 2001, des difficultés d’accès à l’emploi plus marquées
qu’auparavant.
Entre hommes et femmes, les disparités demeurent
Bien que plus diplômées que les hommes, les jeunes femmes de la génération
2004 restent désavantagées sur le marché du travail. Lorsqu’elles sortent d’une
formation secondaire, elles sont nettement plus exposées au chômage et au
sous emploi que leurs homologues masculins.
Par ailleurs, à niveau de diplôme
équivalent, leur rémunération est nettement plus faible que celle des hommes, y
compris lorsqu’elles sont diplômées de l’enseignement supérieur.
Source : service de presse Céreq
http://www.cereq.fr/index.htm