Mis en ligne le dimanche 5 novembre 2006.
Le flux d’informations nouvelles dans lequel les images occupent une place de plus en plus importante, mélange de vrai, de monté, de construit, d’artifice, de virtuel, de réel impose à l’évidence le développement d’un regard critique, condition même pour reconquérir une partie de pouvoir sur les images.
Les Imagies, initiative originale du CRDP de l’Académie de Montpellier, organisées pour la 4e fois témoignent de la prise de conscience de l’importance cruciale de cette question pour l’éducation nationale.
Certes des textes existent mais leur répétition même attestent de la difficulté de mettre en place une politique de l’éducation à l’image à l’école.
Les rencontres de Montpellier prennent la question à bras le corps en mobilisant non seulement des universitaires, des cadres de l’Education nationale mais aussi et surtout des enseignants qui forment très largement la majorité du public et dont on notera qu’ils sont, pour le plus grand nombre, jeunes professeurs.
Cette année les Imagies avaient fait le choix d’associer à leurs journées d’études l’éducation populaire dans le cadre d’une table ronde consacrée à la place de l’image dans
l’accompagnement éducatif. Les CEMEA, avec Christian Gautellier, la Ligue de l’enseignement, avec Marion Blanchot et l’Injep, avec JC Richez étaient présents à cette occasion.
Prendre en compte l’image dans toutes ses dimensions
Symptomatiquement la confrontation avec les représentants de l’éducation nationale tourna court. D’un côté, du point de vue de l’Education populaire, on parlait de l’image comme objet qui devait être pris en compte en tant que tel dans l’accompagnement éducatif là où l’Education nationale insistait surtout sur l’image comme outil éducatif, même si par ailleurs l’inspecteur général Robert Jammet insistait sur l’importance en général des pratiques culturelles dans l’accompagnement scolaire.
Même s’il serait stupide d’opposer l’image comme outil pédagogique à l’image comme objet d’éducation on ne saurait cependant trop prendre garde du danger qu’il y a d’évacuer l’image en tant que telle, dans toutes ses dimensions, au profit d’une approche purement instrumentale.
Philippe Meirieu dans sa communication autour de « image : de la sidération à l’éducation » prolongeait d’une certaine manière cet échange en insistant sur l’importance pour l’éducation de ne pas se limiter à l’apprentissage de la lecture de l’image, ce qui serait déjà un progrès, mais aussi et surtout de la prendre en compte dans sa dimension symbolique, permettant à la fois de se représenter et de mettre à distance « d’un objet qui me parle, d’un objet qui construit dans le monde autre chose que du chaos ».
Un enregistrement vidéo de ces rencontres est consultable sur
canal u montpellier.
Les actes de ces 4e Imagies seront bientôt disponibles en ligne sur
http://www.crdp-montpellier.fr/imagies2006/lesimagies2006/
Les grandes lignes de la conférence de Philippe Meirieu peuvent être retrouvées sur :
http://savoirscdi.cndp.fr/rencontrelyon/meirieu/meirieu.htm
Jean-Claude RICHEZ