Mis en ligne le samedi 16 juin 2007.
Compte rendu de la journée d’information et d’échanges du 29 novembre 2006
Extraits d’une intervention de Kamel Rarrbo [1] dans une intervention intitulée :
« Mutations et enjeux des politiques jeunesses : de l’intervention de l’Etat
aux politiques territoriales : les défis de l’intercommunalité »
Les six défis de l’intercommunalité
en matière de jeunesse selon Kamel Rarrbo
« Les intercommunalités des zones rurales et péri-urbaines
font face aujourd’hui à un redéploiement de la population
et de certaines activités économiques notamment de
services sans précèdent.
Les six défis que je vous propose
représentent des pistes de réflexions afin de nourrir les
débats entre élus, entre élus et professionnels et entre
élus, professionnels et habitants/jeunes. Les limites de la
conférence m’impose de vous les présentés sous une
forme qui peut apparaître comme un catalogue.
Le premier défi pour l’intercommunalité est que la
jeunesse est un enjeu global dans le développement
territorial. L’Auvergne, la Bourgogne, connaissent depuis
un certain temps un exode des jeunes. Il existe un enjeu
de survie de ces territoires mais aussi d’autres qui
connaissent la même dynamique démographique.
L’environnement éducatif est très important pour
l’attractivité des familles. S’il y a une attractivité des
territoires, il y a attractivité économique.
Par ailleurs, aujourd’hui, la France a le deuxième taux de
fécondité le plus important en Europe, après l’Irlande, 1,9
par femme. Une seule explication est avancée par les
spécialistes. Claude MARTIN nous dit que l’importance
de la fécondité en France ne peut s’expliquer que par le
rôle joué par les politiques publiques dans la prise en
charge de la petite enfance (voir « l’état de la France en
2006 » aux éditions La Découverte). L’Allemagne, l’Italie,
l’Espagne, les dix nouveaux entrants, sont en
décroissance démographique, ce qui représente un
véritable problème pour ces pays.
Le deuxième défi est l’accueil des nouvelles
populations en milieu rural. De nouveaux besoins et de
nouvelles demandes émergent ou émergeront de l’arrivée
de nouvelles populations. La satisfaction de ces besoins
et l’intégration des familles et des enfants/jeunes
contribuera à l’attractivité du territoire.
Le troisième défi est de changer et basculer les représentations
dominantes en direction de la jeunesse.
Changer et basculer les représentations dominantes en
direction de la jeunesse : d’une vision négative et paternaliste
à une vision objective et positive. (Les potentiels
et les ressources citoyennes de la jeunesse).
Cette vision négative représente le principal frein à l’élaboration
d’une politique avec les jeunes. La majorité des
enquêtes auprès des jeunes aussi bien en zone rurale ou
urbaine révèle une très forte disponibilité en matière d’engagement
dans certaines expérimentations a été suivi d’effet
concret. Cette citoyenneté qui ne demande qu’à être
active, donc latente, s’exprime dans des espaces
facilitateurs de son engagement (projet citoyens des étudiants,
projet humanitaire, engagement politique sporadique
ou continu, ...)
Une des particularités des jeunesses rurales réside dans
une sociabilité intergénérationnelle que les acteurs urbains
peuvent enviés à leurs homologues ruraux (dans un comité
des fêtes d’un village, dans une structure associative
culturelle ou festive, ...). Cette ressource devrait être
valorisée, pérennisée,
Le quatrième défi est la professionnalisation des
intervenants socio-éducatifs, à relier avec l’accompagnement
des bénévoles qu’il ne faut surtout pas oublier.
Cette professionnalisation permettra de contribuer a la
prise encharge de la question du bénévolat (les bénévoles
comme acteur et ressource) mais aussi l’amélioration de
l’efficacité et de l’efficience des actions.
Le cinquième défi est le partenariat en tant que levier de
développement. Car une communauté de communes ne
peut rien si elle souhaite s’engager seul dans une politique
jeunesse. Le partenariat pourrait avoir comme objectif de
construire des liens opérationnels ou non avec les
professionnels, les associations, les bénévoles, l’éducation
nationale, ...etc. Mais le partenariat ne consiste pas
seulement à réunir des partenaires autour d’une table. Il
s’agit là d’imaginer l’animation politique et professionnelle,
le pilotage d’une politique locale jeunesse.
Le sixième et dernier défi est la redéfinition de l’espace
des politiques Jeunesse entre l’Etat, les collectivités, les
CAF et les institutions départementales et régionales.
Pour terminer, les politiques jeunesse pour moi sont en
construction, à condition que nous laissions une place
réelle pour les jeunes.
»
Lire l’ensemble de l’intervention en téléchargeant le compte rendu du colloque sur le site : Mairie Conseils