Mis en ligne le lundi 23 novembre 2009.
Un numéro spécial de la revue Politiques Sociales et Familiales (CNAF) est en préparation su le thème "Dispositifs publics et construction de la jeunesse en Europe".
Ce numéro a pour vocation de traiter ces aspects de la condition juvénile
en Europe. Aussi seront particulièrement bienvenus les articles
comparatifs qui explorent aussi bien les contrastes que les convergences
entre les différentes réalités nationales.
Calendrier :
Un résumé d’une page est attendu pour le 6 février 2010. En cas
d’acceptation de la proposition, le texte définitif devra être remis avant
le 15 mai 2010
Sous la direction de Vincenzo Cicchelli, Cerlis, Paris Descartes
Pour tout contact :
vincenzo.cicchelli@parisdescartes.fr ou
sandrine.dauphin@cnaf.fr
« Il a été remarqué qu’un peu partout en Europe, l’allongement de la
jeunesse s’accompagne de plus grandes difficultés d’insertion
professionnelle et sociale. Certains observateurs parlent d’un
durcissement des conditions du passage à l’âge adulte. Dans ce contexte
marqué par une plus grande incertitude quant à l’avenir, les trajectoires
des jeunes deviennent plus réversibles que par le passé.
Le franchissement
des seuils classiquement établis pour approcher le passage à l’âge adulte
n’est plus définitif, un individu pouvant faire des allers-retours entre
des situations qui paraissaient autrefois figées aussi bien sur l’axe
scolaire-professionnel que sur l’axe familial-matrimonial. Ces
trajectoires sont en effet de plus en plus marquées par des passages entre
périodes de formation, de chômage et d’emploi, mais aussi entre hébergement
chez les parents et prise d’indépendance résidentielle. La fragmentation
croissante des expériences des jeunes conduit à une multiplication des
parcours possibles.
Cet allongement de la jeunesse dans une configuration socio-historique
plus incertaine peut expliquer l’extension de la dépendance sociale des
jeunes à l’égard de la collectivité. Plus longtemps que par le passé, les
jeunes restent à la fois socialisés par l’institution scolaire et pris en
charge par leurs familles d’origine.
Dans de nombreux pays européens, ils
font l’objet de politiques publiques (aussi bien au niveau des
collectivités territoriales que des administrations centrales) visant à
favoriser leur insertion professionnelle et sociale, à élargir l’horizon
de leur participation à la sphère publique, à soulager leur dépendance des
familles d’origine (lorsqu’ils sont étudiants ou chômeurs), à développer
leur mobilité internationale. De ce point de vue, il est significatif que
la Commission Européenne s’efforce de mettre en place une action
communautaire spécifique en direction de cette population.
La publication
en 2001 du livre blanc sur la jeunesse marque le souhait d’une plus grande
coopération entre les Etats membres, à travers une meilleure prise en
compte des besoins des jeunes dans les politiques communautaires et
nationales (au niveau de l’emploi et de l’intégration sociale, de la lutte
contre le racisme et la xénophobie, de l’éducation et la formation tout au
long de la vie).
Tout se passe comme si une plus grande et indéniable autonomie (sur le
plan de la sphère privée individuelle) coexistait avec une plus grande
dépendance sociale d’une jeunesse toujours plus longue (et précoce). Ce
numéro voudrait comprendre comment dans les différents pays européens des
populations aussi variées que les étudiants, les jeunes chômeurs, les
adolescents en difficultés, à risque ou les jeunes adultes tout court sont
pris en charge par toutes sortes d’organismes et instances de tutelle et de
médiation, de dispositifs publics et administratifs d’intervention et
d’accompagnement vers l’âge adulte.
Les articles proposés pourraient mettre l’accent sur la façon dont ces
dispositifs ont vu le jour dans le contexte national (en retraçant le cas
échéant le débat public qui les a promus), leur impact sur les populations
ciblées et la façon dont ces dernières se les approprient. Par l’étude des
populations ciblées par des dispositifs institutionnels, les articles
proposés tenteront d’approcher les formes que prennent le contrôle et la
tutelle exercés par des figures adultes de médiation, d’accompagnement et
de soutien ; le vécu des injonctions paradoxales à l’autonomie dans un
contexte de dépendance accrue et de fragmentation croissante des
expériences juvéniles ; les représentations ambiguës de l’âge de
l’indépendance. »
Source :
Le point de vue des professionnels pourrait également
faire l’objet d’analyse, tout comme les rhétoriques sur lesquelles
s’appuient la mise en place des dispositifs, avec l’exaltation de vertus
comme l’autonomie, mais aussi la responsabilité, le projet et
l’engagement, l’équilibre entre l’assistance et l’assistanat.
Ce numéro a pour vocation de traiter ces aspects de la condition juvénile
en Europe. Aussi seront particulièrement bienvenus les articles
comparatifs qui explorent aussi bien les contrastes que les convergences
entre les différentes réalités nationales.
Calendrier :
Un résumé d’une page est attendu pour le 6 février 2010. En cas
d’acceptation de la proposition, le texte définitif devra être remis avant
le 15 mai 2010.
Source : Vincenzo Cicchelli